Décider, c’est l’espoir de vivre (Jankélévitch)

En ce 13 novembre, je puise dans les mots de Vladimir Jankélévitch, philosophe et musicologue, professeur à Lille puis pendant près de 30 ans à la Sorbonne après une vie de résistant actif qui connut la misère, le risque et la peur tout autant que le courage, la camaraderie et le choix.

Son livre, La Mort, dont je cite ce magnifique passage, est ancré dans son expérience autant que ses réflexions : « L’espoir, le plus humble espoir, n’est-il pas l’assurance que que le vivant survivra ? Par l’issue du choix préférentiel et sélectif, l’être s’évade pour un nouveau départ et recommence à faire des projets. Le choix, dépannant le temps enrayé, remet l’histoire en marche et donne à l’amphibie humain les moyens de continuer sa route : telle une amputation chirurgicale qui, en mutilant le corps, et au prix d’un rétrécissement de l’organisme, nous permet de survivre. Tant qu’elle peut choisir, la créature n’est pas acculée à la dernière extrémité – cette extrémité qui, pour tous les hommes, est la cessation d’être ; du moment qu’elle choisit , à la bonne heure ! C’est qu’elle ne joue pas encore son tout-ou-rien ! Celui qui choisit garde confiance et préserve, en attendant de disparaitre, sa chance temporelle. Le choix, au demeurant, est un geste positif, une affirmation… »